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De l'alternative nourricière aux bases d'une éthique commune

Après près de 50 ans de travail, le cadre d’une exploitation collective potentiellement viable est désormais constitué. À quelques désenclavements près, le patrimoine de granges foraines peut être utilisé à la fois pour l’habitat des permanents et pour l’accueil actif. Les associés, associées ou futurs membres du collectif, jeunes ou moins jeunes, peuvent s’y investir par des prises de parts usufruitières. Ce fonctionnement permet de sécuriser leur outil de travail, bâti et non bâti, dans une logique proche de celle adoptée par certaines fondations ou par l’organisation Terre de Liens.

L’idée centrale est simple : considérer les terres agricoles comme un bien commun, non spéculatif, destiné à produire, nourrir, accueillir et transmettre. Les personnes associées ne sont donc pas choisies d’abord pour leur apport en capital, mais pour l’éthique qu’elles portent et pour la cohérence de leur projet. Elles peuvent ainsi construire une activité durable, fondée sur des critères humains, culturels, économiques et environnementaux, plutôt que sur une simple capacité financière ou sur une logique de propriété individuelle. Cet affranchissement du foncier est essentiel. Dans une vallée où l’espace est limité, presque comme sur une île, la terre peut facilement devenir un outil de pression sociale ou économique. La Ferme des Cascades souhaite au contraire faire du foncier un support d’activité, de coopération et de transmission.

Le patrimoine de la ferme comprend encore des ruines, des friches, des bâtiments à restaurer et des espaces à faire revivre. Autrement dit : il reste de nombreux possibles.

 

Esquisse d’une charte éthique

Cette charte n’est pas figée. Elle constitue une base de réflexion, appelée à être enrichie par les regards, les expériences et les contributions extérieures.

-Production manuelle et traditionnelle

La production de la ferme repose sur plusieurs principes.

La ferme privilégie les gestes simples, les savoir-faire transmis et les pratiques peu mécanisées :

  • traite à la main ;

  • permaculture ;

  • système pastoral transhumant ;

  • cueillette et valorisation des plantes sauvages ;

  • transformation artisanale ;

  • travail attentif au rythme des saisons.

-Le respect de l’animal

Les animaux disposent réellement d’un espace montagnard vivant.

Ils pâturent, se déplacent, montent en estive et participent pleinement à l’équilibre du territoire.

L’élevage n’est pas pensé uniquement comme une production, mais comme une relation quotidienne entre les humains, les bêtes et la montagne.

 

-Une recherche d’autonomie

La ferme tend vers davantage d’autonomie :

  • autonomie alimentaire ;

  • autonomie énergétique ;

  • autonomie dans les productions ;

  • autonomie dans les savoir-faire ;

  • autonomie dans la transformation et la vente.

Cette autonomie n’est pas un repli, mais une manière de retrouver une capacité d’action locale.

​-Une démarche écologique exigeante

La ferme s’inscrit dans une démarche de labellisation biologique ou proche de l’esprit de Nature & Progrès. L’objectif est de produire en respectant les sols, les animaux, les paysages et les humains.

 

​-​La transmission et la pédagogie

La ferme est aussi un lieu de transmission. Elle accueille, explique, montre et partage les pratiques agricoles de montagne avec les visiteurs, les volontaires, les stagiaires et les personnes intéressées par d’autres formes d’installation.

​​

-Les circuits courts et les échanges locaux

La vente directe, les circuits courts et, lorsque cela est possible, les formes de troc local sont privilégiés. Il s’agit de maintenir une relation directe entre celles et ceux qui produisent et celles et ceux qui consomment.

Structure collective à taille humaine, égalitaire et solidaire

Le fonctionnement collectif repose lui aussi sur quelques principes essentiels. Le collectif doit rester suffisamment restreint pour permettre des échanges réels, des décisions compréhensibles et une communication solide. Un groupe de décision de moins de dix personnes semble plus adapté à ce type de projet. La ferme cherche à construire un fonctionnement démocratique, où chacun peut prendre part aux décisions selon son implication, ses responsabilités et son engagement. L’égalité ne signifie pas que tout le monde fait la même chose, mais que la parole, les besoins et les contraintes de chacun sont reconnus. Un équilibre entre vie commune et vie individuelle La vie collective est nécessaire pour porter un tel projet.

Mais la vie individuelle l’est tout autant. L’enjeu est donc de trouver un équilibre juste entre coopération, autonomie personnelle, intimité, responsabilités partagées et espaces de respiration.

Cette esquisse de charte éthique reste volontairement ouverte. Elle n’est pas exhaustive.


Elle appelle au contraire des contributions, des discussions, des critiques constructives et des regards extérieurs. L’objectif est de construire un socle commun suffisamment clair pour permettre à chacun de s’engager en connaissance de cause, et au collectif de durer.

Exemple d’une philosophie de vie

 

À découvrir également : le reportage sur Planet Thalassa 

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